Histoire de la mode : Archives

 

 

Au 15ème siècle : cotte et hennin.

 

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La duchesse d'York, vers 1470,
Portrait de Marguerite d'York (3ème épouse de Charles le Téméraire). École des Pays-Bas du sud, Musée du Louvre.

La duchesse porte une cotte tissée de fils d'or, sur une chemise simple. Une bande de tissu noir, le tassel couvre l'échancrure. Les cordons d'or sont lacées sur ce tassel, en passant dans des anneaux d'or.

Les poignets sont bordés d'hermine (comme, sans doute, le bas de sa robe).

Le collier est en or émaillé de rouge, blanc et noir. La lettre C est l'initiale de son époux, Charles le Téméraire, duc de Bourgogne, et les fleurs sont des roses d'York.
Un chapelet de perle est enroulé autour du poignet.

Le front est épilé et seule une boucle de cheveux dépasse du voile noir sur lequel est agrafée une fibule d'or avec le B de Bourgogne.
Le hennin est cette longue coiffe conique d'où pendent de larges bandes de linon.

Source : Petite chronique du costume, Sabine de la Rochefoucauld in Grande Galerie, n°16.

Fashioning Fashion au Musée des Arts Décoratifs

 

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L'exposition "Fashioning Fashion" (*), présentée au Los Angeles County Museum of Art en 2010, puis à Berlin en 2012, est jusqu'au 14 avril 2013 au musée des Arts Décoratifs à Paris.

Une centaine de mannequins portant robes ou costumes d'homme montrent l'évolution de la mode de 1700 à 1915, de la robe "à la Française" à l'avènement de la haute couture avec Worth puis Poiret.
La robe à la Française était très ample, avec de larges plis plats dans le dos, une "pièce d'estomac" richement brodée sur le devant du corsage et des paniers sous la jupe comme en porte Madame de Pompadour sur le pastel de Quentin de La Tour (vers 1755, musée du Louvre) :

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La robe à l'anglaise était plus ajustée, le corsage formant une pointe dans le dos, et portée avec un fichu :
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La robe à la polonaise, avait un jeu de lacets pour remonter la jupe en trois points et symboliser ainsi le partage de la Pologne entre la Prusse, l'Autriche et la Russie en 1772.

A côté des mannequins richement vêtus, on peut voir les dessous : paniers, corsets, crinolines, coussins de manches, poufs... Les femmes de l'aristocratie puis de la haute bourgeoise étaient prisonnières de leurs tenues. A vrai dire, les hommes non plus ne pouvaient pas beaucoup bouger avec leurs manches de vestes montées très en arrière, les obligeant à bomber le torse.
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Des écrans (au sol) donnent des explications très intéressantes sur la confection des tissus et des broderies.

(*) Puisqu'on ne traduit plus les titres de films, pourquoi traduire ceux des expositions ?

La mécanique des dessous

 

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Après l'évolution de la mode du 18ème au 19ème siècle, qui déjà laissait entrevoir quelques corsets et paniers, voici l'évolution des dessous.

Dans une lumière tamisée (pour protéger les tissus), sont exposés tous les attirails masculins et féminins nécessaires pour suivre la mode depuis le 17ème siècle. Il s'agit, bien sûr, de la mode des nobles ou des grands bourgeois qui ne travaillent pas : la raideur des tenues garantit l'oisiveté de ceux qui les portent.

Certains de ces dessous sont de vraies "mécaniques", tels ces paniers qu'on peut replier pour passer les portes, ces corsets composés de tiges de fer qui s'articulent sur le côté pour s'ouvrir comme un coffret...

Les fraises du 17ème siècle étaient fortement amidonnées, mais dans les pays du nord, l'amidon se ramollissait à l'humidité ambiante. La fraise était donc soutenue par une collerette métallique (un peu comme un éventail), elle-même posée sur un bourrelet en papier mâché ajusté autour du cou...

Dès le plus jeune âge, les enfants étaient serrés dans des corsets pour éviter qu'ils ne "s'amolissent". En grandissant, tout une série d'accessoires servaient à redresser les dos qui risquaient de se voûter... Car, pensait-on, un corps droit est le reflet d'un esprit droit.

Pour se rendre compte de ce que c'était de porter ces mécaniques, on peut essayer quelques reconstitutions de corsets et crinolines et se photographier.

Seuls défauts de cette exposition : le labyrinthe des vitrines qui est tel qu'on n'est pas sûr de tout voir, ni de suivre l'ordre chronologique ; et les explications placées à 1m du sol, écrites en noir sur le verre transparent des vitrines,qu'il faut souvent lire sur un fond sombre... Des étiquettes écrites en noir sur fond blanc seraient tellement plus lisibles!

L'exposition est au musée des Arts Décoratifs à Paris, jusqu'au 24 novembre 2013.

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